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Leur complexe est... italien

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Huget est repris par la patrouille italienne et les Bleus sont tombés à Rome. Comme il y a deux ans... (Reuters)

S'ils ont rejoint l'équipe de France de Marc Lièvremont au panthéon des plus grands désastres tricolores, les joueurs de Philippe Saint-André, défaits à leur tour à Rome par l'Italie (23-18), à la différence de leurs prédécesseurs, n'ont pas pêché par suffisance, mais au contraire par manque d'ambition dans le jeu comme dans l'approche de l'événement.

"On ne va pas tomber dans la sinistrose..." Est-ce parce qu'il a été l'un des trop rares Français à se montrer à la hauteur de l'événement et surtout à évoluer dans la continuité de ses performances de la tournée de novembre que Louis Picamoles évacuait apparemment avec une certaine facilité la deuxième défaite concédée en trois ans par le XV de France en Italie, dimanche, à Rome (23-18) ? Comme le troisième ligne toulousain, les Bleus étaient ainsi nombreux à préférer saluer en premier lieu la supériorité italienne plutôt que de s'attarder sur leur contre-performance et ses raisons plus profondes. "Il faut reconnaître tout simplement que les Italiens nous ont été supérieurs aujourd'hui", déclarait ainsi Mathieu Bastareaud. Un peu court...

Il y a deux ans, à l'issue du fiasco du stadio Flaminio, le revers (21-22) de l'équipe de Marc Lièvremont avait donné lieu à un véritable psychodrame. L'ire du sélectionneur tricolore s'était abattue sur des joueurs accablés et honteux de devenir ainsi les premiers à tomber dans le cadre du Tournoi face aux Transalpins. Leurs successeurs, plus pressés de commenter leur performance sur Twitter que de se présenter devant les médias (voir par ailleurs), avaient dimanche moins de scrupules à l'heure d'analyser leur défaillance. Comme tout au long de la préparation de cette entrée dans le Tournoi, passée à redoubler de prudence dans tous les discours d'avant-match, les Bleus, loin de leurs ambitions affichées dans le jeu lors de la tournée d'automne, sont apparus dimanche sur le terrain timorés et sans audace. Pour un peu, on aurait pu croire que cette équipe de France s'en allait ce week-end défier les Blacks à Auckland... Une forme de défaitisme avant la rencontre qui, sur le terrain, s'est traduite par un plan de jeu frileux et sans fil conducteur.

Champions... du fair-play

Au moins, les Bleus de Saint-André étaient en phase avec le discours de leurs entraîneurs, prompts également à élever l'Italie au rang de nouveau ténor européen. Et surtout à relativiser la portée d'un tel faux-pas : "Grave, c'est un grand mot...", commentait ainsi à chaud Saint-André. "Les Italiens ont mérité leur victoire. Il faut les féliciter." Bien sûr, il s'agira d'évaluer dès samedi prochain la nouvelle valeur de cette Squaddra Azzurra à l'épreuve du test écossais à Edimbourg, mais comment balayer d'un simple revers de main les acquis de novembre, et les espoirs suscités, pour se contenter d'un match si peu abouti ? Incontestables vainqueurs du Prix du fair-play, les joueurs de PSA avaient sans doute les moyens de viser autre chose... Marco Bortolami, ancien capitaine de l'Italie, présent dimanche, dans les tribunes du stadio olimpico, avouait ne pas avoir reconnu l'équipe de France si séduisante à l'automne. Jusque dans l'attitude des Bleus sur le terrain: "Leur « body language » a été un désastre. Ils étaient là, mais ne savaient pas comment gagner ce match", soulignait le deuxième ligne, cité par la BBC.

Capables en novembre de chasser leurs démons australien et argentin, Pascal Papé et ses coéquipiers pourraient bien s'être créés un nouveau syndrome italien. Comme la génération précédente avait fini par nourrir un complexe d'infériorité face à des Pumas à l'époque en pleine progression, la nouvelle vague tricolore serait bien inspirée de ne pas tomber dans un tel travers. Car si l'Italie a su dimanche hisser son niveau de jeu de manière spectaculaire, la France s'est au final bien inclinée face à la dixième nation mondiale. Rare Tricolore à livrer une analyse sans concession, Benjamin Kayser, lui, lâchait: "On est dans la difficulté. On a vu les autres nations faire de gros matches, nous, on est passés à côté, tant pis pour nous. C'est un coup d'arrêt évidemment, mais on va être obligés de repartir au boulot parce que c'est la seule solution qu'on a..." Galles pour rebondir: il faut espérer que ces nouveaux Bleus sauront imiter leurs prédécesseurs. Il y a deux ans, les défaits de Flaminio avaient su s'imposer au XV du Poireau, défait au Stade de France (28-9).



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Sylvain Labbé  

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